Sécurité: watsa asfixié, la société civile révolutionnaire sonne l’alarme rouge (Pitchou Mumbuya)

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Le ton monte, et cette fois, il n’y a plus de place pour la diplomatie. La Société Civile Révolutionnaire du Haut-Uele lance une charge frontale contre les autorités provinciales, accusées d’un laxisme coupable face à la descente aux enfers sécuritaire et au chaos routier qui étranglent le territoire de Watsa.

Dans un contexte où les populations vivent au rythme des attaques armées, la présence des forces de sécurité, DEMIAP, ANR, police nationale congolaise et FARDC est qualifiée d’inefficace, voire décorative. Pour cette structure citoyenne, il ne s’agit plus d’un simple dysfonctionnement, mais d’un échec flagrant de l’État à protéger ses citoyens.

Pitchou Mumbuya, coordonnateur de la structure, ne prend plus de gants : « Ce qui se passe à Watsa dépasse l’entendement. Les assaillants frappent avec une précision troublante, comme s’ils opéraient avec des informations internes. Si ce n’est pas de la complicité, alors qu’on nous explique ce que c’est », lâche-t-il, dénonçant un système gangrené de l’intérieur.

La colère est d’autant plus vive que, selon lui, Watsa est délibérément sacrifié. « Pendant que certaines zones comme Isiro bénéficient d’une attention soutenue, ici on nous abandonne. C’est une marginalisation inacceptable », accuse-t-il, exigeant sans détour une purge immédiate au sein des responsables sécuritaires.

Sur le front économique, le constat est tout aussi accablant. Les routes sont dans un état de décomposition avancée. L’axe stratégique Watsa–Isiro via Faradje et Dungu n’est plus qu’un couloir de galère, ponctué de ponts effondrés et de tronçons impraticables. Résultat : les échanges sont paralysés, les activités économiques asphyxiées.

Dans ce climat délétère, les prix des denrées de base explosent, plongeant la population dans une précarité encore plus brutale. Comme si cela ne suffisait pas, les transporteurs dénoncent un véritable racket institutionnalisé, marqué par des tracasseries administratives et policières à répétition.

Face à ce qu’elle qualifie de « faillite totale de l’autorité publique », la Société Civile Révolutionnaire franchit un cap et brandit une menace claire : celle d’un soulèvement citoyen pacifique. Désobéissance civile, boycott des taxes, impôts et redevances… toutes les options sont désormais sur la table.

« Si l’État ne joue plus son rôle, le peuple reprendra le sien », avertit la structure, dans un message qui sonne comme un ultimatum.
Le compte à rebours est lancé.

Par Christophe Onzonono

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