*RDC : Haut et Bas-Uélé, 1989 vies fauchées par la LRA à Noël 2008, aucune réparation ni reconnaissance moins encore justice.*

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Dix-sept ans après les massacres perpétrés par la Lord’s Resistance Army (LRA) de Joseph Kony dans le nord-est de la République démocratique du Congo, les blessures demeurent profondes. Les survivants, abandonnés à leur triste sort, peinent encore à obtenir justice, reconnaissance et réparation.C’est ce que révèle une enquête d’Independentnews.cd, qui met en lumière les conclusions d’un récent rapport de l’ONG Actions pour la Promotion Rurale (APRu), active à Faradje dans la province du Haut-Uélé.

Entre 2008 et 2010, les rebelles ougandais dirigés par Joseph Kony ont semé la terreur dans les territoires du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et une partie de l’Ituri : villages incendiés, enlèvements d’enfants, viols et massacres de civils.

Selon les chiffres communiqués à par Jean Claude Malitano, Coordonnateur Régional de l’APRu, le bilan reste dramatique de 1989 victimes répartis à :

– 388 morts à Faradje,

– 405 à Dungu,

– 946 à Niangara,

– 50 Watsa

 » Les victimes vivent toujours dans la précarité, sans justice, sans reconnaissance, sans soutien réel de l’État », déplore Jean Claude Malitano, qui plaide pour une véritable politique de réinsertion et de devoir de mémoire.

Malgré les mandats d’arrêt émis par la Cour Pénale Internationale (CPI) contre les principaux chefs de la LRA, dont Joseph Kony, les enquêtes se sont concentrées presque exclusivement sur les crimes commis en Ouganda. Les atrocités perpétrées sur le sol congolais, pourtant bien documentées, n’ont jamais donné lieu à des poursuites significatives.

 » Pourquoi la République Démocratique du Congo n’est-elle pas prise en compte comme l’Ouganda ? Les victimes congolaises méritent aussi justice « , s’interroge M. Malitano, appelant la CPI à élargir ses investigations.

Sur le plan national, la situation n’est guère plus encourageante : aucun procès n’a été ouvert et aucun programme officiel de réparation ou de devoir de mémoire n’a été mis en place, nourrissant un sentiment d’abandon au sein des communautés meurtries.

Face à ce vide, l’APRu appelle à un effort collectif pour la reconnaissance et la réhabilitation des victimes :

1. Création d’un fonds de réparation ;

2. Mise en place d’un programme de soutien psychosocial ;

3. Et lancement d’un dialogue national sur les conséquences humaines et sociales des violences de la LRA dans la Province du Haut- Uélé et de Bas-Uélé.

 » La paix durable passe par la vérité et la réconciliation. Sans justice, les plaies restent ouvertes », rappelle M. Malitano.Un drame oublié de la communauté internationale Alors que l’attention mondiale s’est déplacée vers d’autres crises, les populations du Haut-Uélé et de Bas-Uélé continuent de vivre dans l’ombre d’un passé tragique, sans reconnaissance ni appui concret.

Dix-sept ans après, elles réclament que la justice nationale comme internationale se souvienne enfin d’elles, pour que le silence cède la place à la vérité, à la mémoire et à la dignité.

Innocent VUDRI et Jacques Dala pour independentnews.cd

+243 833 307 327

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