*Nord-Kivu: Sekombi Katondolo, chef de mission de Bridgeway Foundation plaide pour une réponse coordonnée contre la menace de l’État islamique et celle des ADF*

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En marge du Forum provincial de paix consacré à la problématique des ADF, organisé à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, Sekombi Katondolo, chef de mission de Bridgeway Foundation, a plaidé pour l’adoption d’une vision commune et d’une action solidaire face à l’expansion de l’extrémisme violent dans la région. Cette rencontre, qui a réuni autorités locales, acteurs de la société civile, leaders communautaires et partenaires internationaux, se veut un cadre stratégique pour repenser la riposte contre l’insécurité persistante dans le Grand Nord-Kivu.

Pour Sekombi Katondolo, la tenue de ce forum répond à un besoin urgent de coordination qui faisait défaut jusqu’ici. Selon lui, les multiples initiatives sécuritaires et communautaires menées ces dernières années ont souvent souffert d’un manque d’harmonisation, réduisant ainsi leur efficacité sur le terrain. L’objectif affiché est clair : dépasser le simple stade du diagnostic pour mettre en place une réponse proportionnelle à la menace réelle posée par les ADF (Forces démocratiques alliées).

« C’est un cadre qui manquait pour fédérer les actions afin que les interventions soient coordonnées », a-t-il déclaré, saluant une initiative qu’il considère comme un pas important vers une approche plus structurée et cohérente. Il estime que seule une synergie entre les forces de sécurité, les autorités politico-administratives et les communautés locales permettra de restaurer durablement la confiance et la stabilité.

L’un des enjeux majeurs de cette rencontre réside dans l’harmonisation de la compréhension de l’ennemi. Sekombi Katondolo a insisté sur la nécessité de mettre fin aux rumeurs persistantes et aux accusations croisées qui divisent les communautés locales et fragilisent davantage le tissu social. Il a souligné qu’il est crucial de sortir des amalgames qui attribuent tour à tour les violences aux musulmans, aux FARDC ou à des rivalités interethniques entre Nande et Banyabwisha, sans preuve formelle.

Selon lui, tous les participants doivent quitter le forum avec une « compréhension uniforme » de la menace. Il s’agit de reconnaître l’identité réelle de l’agresseur et de concentrer les efforts sur la neutralisation des groupes armés responsables des massacres, enlèvements et actes de terreur qui endeuillent régulièrement la région de Beni et ses environs.

Au cours de son exposé, le chef de mission de Bridgeway Foundation a également souligné que la menace ne peut plus être perçue comme strictement locale. Elle s’inscrit désormais, a-t-il expliqué, dans une dynamique globale liée à l’idéologie et aux réseaux de l’État islamique, ce qui complexifie davantage la riposte sécuritaire. Cette dimension internationale impose, selon lui, un renforcement de la coopération régionale et du partage de renseignements.

Pour contrer cette progression, il préconise une stratégie axée sur les causes profondes de l’extrémisme violent. Parmi les priorités figurent la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes, qui constituent un terreau fertile pour le recrutement par les groupes armés, ainsi que la mise en place de programmes de sensibilisation et de déradicalisation au sein des communautés vulnérables. Il appelle également à mettre fin à la culture du blâme, où les différentes parties se rejettent mutuellement la responsabilité de l’insécurité, au détriment d’actions concrètes et concertées.

La compréhension des circuits d’approvisionnement, des modes de financement et des mécanismes de recrutement des groupes terroristes constitue, selon lui, un autre levier essentiel. Une réponse efficace passe par l’identification et le démantèlement des réseaux de soutien logistique qui alimentent la violence.

Selon les informations recueillies par independentnews.cd, ce forum pourrait marquer un tournant décisif dans la sécurisation de l’est de la RDC, à condition que les résolutions adoptées soient effectivement traduites en actions sur le terrain. En appelant à une « réponse coordonnée », Sekombi Katondolo espère ainsi jeter les bases d’une stratégie commune capable de freiner durablement la résurgence de l’extrémisme violent et de redonner espoir aux populations meurtries du Nord-Kivu.

Alain KISOKERO

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