*IRUMU : Deux citoyens pygmées exécutés par les ADF à Abulembi*
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Deux citoyens pygmées ont été retrouvés morts ce lundi 9 février 2026 à Abulembi, dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri. Les victimes faisaient partie d’un groupe d’otages détenus par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), actifs dans cette zone depuis plusieurs jours.
Selon les informations recueillies, ces deux hommes avaient été capturés le vendredi 6 février 2026 à Abulembi Sud, non loin de la localité d’Apakola, une zone forestière située dans le village de Bwanasura/Otomabere, côté ouest, à environ 4 kilomètres de la Route Nationale numéro 4 reliant Komanda à Luna. Ils revenaient d’une partie de chasse lorsqu’ils sont tombés sur un groupe d’ADF escortant plusieurs otages issus de la communauté bantoue.
D’après un rescapé ayant réussi à s’échapper, les rebelles auraient tenté de contraindre les deux pygmées à servir de pisteurs dans la forêt, profitant de leur parfaite connaissance du terrain. Une proposition que les victimes auraient catégoriquement refusée. Ce refus serait à l’origine de leur exécution par les ADF, selon ce témoignage concordant avec les premières constatations sur le terrain.
Les corps sans vie ont été découverts puis ramenés au centre commercial de Bwanasura/Otomabere, où une vive émotion a gagné la population locale. Amis, connaissances et membres des familles endeuillées se sont rassemblés dans une atmosphère de douleur et de colère. La scène a été particulièrement éprouvante pour la veuve du professeur Dunga, l’une des victimes, qui a failli se donner la mort par pendaison après avoir reconnu le corps de son mari ainsi que celui de son petit frère, Mapimbo. Grâce à l’intervention rapide de certains habitants, le pire a pu être évité.
Cet unième acte de violence attribué aux ADF vient alourdir le bilan sécuritaire déjà préoccupant dans le territoire d’Irumu. À travers ses enquêtes de terrain, independentnews.cd constate que les populations locales, notamment les communautés pygmées, restent particulièrement vulnérables face aux exactions des groupes armés opérant dans les zones forestières reculées.
La société civile locale appelle une nouvelle fois les autorités militaires et sécuritaires à renforcer les opérations de traque des ADF et à assurer une protection effective des civils, surtout dans les axes ruraux et forestiers où les enlèvements et assassinats se multiplient.
Alain KISOKERO pour
independentnews.cd
