*Haut-Uélé : Le non-paiement des salaires plonge les familles des enseignants dans le désespoir à Faradje*
Views: 38
Alors que les fêtes de Noël et du Nouvel An devraient incarner des instants de joie, de partage et de dignité familiale, de nombreux enseignants de la sous-division de Faradje 1 ont traversé cette période dans la détresse. En cause : le non-paiement récurrent de leurs salaires, pourtant censés être pris en charge par le gouvernement congolais.
Selon plusieurs témoignages parvenus à independentnews.cd, cette situation est devenue presque habituelle. Un enseignant, sous couvert d’anonymat, décrit un quotidien marqué par l’angoisse et l’humiliation : « Nos familles vivent dans des conditions très difficiles. C’est comme si nous ne travaillions pas. Nos enfants sont comparés à ceux de la rue, comme s’ils n’avaient pas de parents. Nous devenons, malgré nous, des responsables remplis de mensonges et de désespoir. »
Privés de revenus pendant les fêtes, ces enseignants se retrouvent incapables de subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles : nourriture, vêtements, soins de santé, ou même les modestes traditions liées aux célébrations de fin d’année.
Au-delà des difficultés financières, c’est la dignité sociale des enseignants qui est mise à mal. Dans une société où l’enseignant est censé incarner un modèle moral et intellectuel, le non-paiement des salaires les plonge dans une vulnérabilité extrême : « Nous sommes perçus comme des menteurs, des escrocs, incapables de tenir nos promesses à nos enfants et à nos épouses », déplore un autre enseignant.
Même lorsqu’ils sont versés, les salaires restent insuffisants pour couvrir les charges quotidiennes. Les enseignants dénoncent une double peine : rémunération faible et irrégularité des paiements : « Nous sommes déjà moins payés, mais en plus nous sommes négligés », conclut un enseignant.
Face à cette situation, les enseignants de Faradje 1 lancent un appel solennel au gouvernement congolais, en particulier aux ministères de l’Éducation nationale, des Finances et du Budget. Ils réclament :
- Le paiement régulier et ponctuel des salaires, notamment pendant les périodes sensibles comme les fêtes ;
- Une revalorisation de la rémunération, en adéquation avec leur rôle central dans le développement du pays ;
- La fin de la négligence administrative qui plonge des milliers de familles dans la précarité.
Les observateurs avertissent : le mépris des conditions sociales des enseignants constitue une menace directe pour l’avenir de l’éducation nationale. Un enseignant affamé, humilié et démotivé ne peut donner le meilleur de lui-même en classe.
Le cas de Faradje 1 n’est pas isolé. Il reflète une crise plus large du système éducatif congolais, où les enseignants continuent de payer le prix fort de la mauvaise gouvernance et de l’inaction administrative.
À l’heure où l’éducation est proclamée levier du développement, il devient urgent de redonner dignité, respect et sécurité sociale aux enseignants, afin que les fêtes ne soient plus synonymes de souffrance, mais de paix et de reconnaissance.
Maliamungu Aksante Jean
independentnews.cd
