*Faradje : La société civile dénonce les coupures d’électricité et le non-respect du taux de change de dollar fixé par l’État congolais par la société NURU*

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Depuis plusieurs mois, les habitants du territoire de Faradje, notamment au chef-lieu et dans le groupement Tadu, dans la province du Haut-Uélé, au nord-est de la République Démocratique du Congo subissent des coupures intempestives du courant fourni par la société NURU. Par ailleurs, cette dernière est accusée de ne pas respecter le taux de change du dollar fixé par l’État congolais.

Ce double problème, mêlant tarification jugée excessive et instabilité de la fourniture, perturbe désormais le quotidien des ménages et fragilise les petites activités économiques dépendantes de l’électricité.

Selon plusieurs usagers contactés par la rédaction d’independentnews.cd, NURU aurait récemment procédé à une révision de ses tarifs. Cette augmentation, perçue comme brutale, a fait grimper le coût de l’électricité au-delà des capacités de nombreuses familles à revenu modeste:

« Nous avons constaté une hausse du prix de l’électricité sans explication claire, alors que le taux du dollar a varié. Cela pèse lourdement sur nos dépenses et nous met en difficulté », confie un habitant de Tadu, visiblement contrarié.

La société civile du territoire de Faradje met en garde NURU contre l’alignement de ses prix sur le taux de change parallèle du marché. Dans un contexte où le dollar influence directement le coût de la vie, elle exige que les tarifs suivent le taux officiel fixé par l’État. Pour beaucoup, cette hausse traduit un décalage entre la promesse d’une énergie accessible et la réalité tarifaire sur le terrain.

Au-delà du coût, les habitants dénoncent les interruptions régulières de la fourniture électrique, parfois plusieurs fois par jour, sans préavis ni explication officielle. Ces coupures affectent non seulement les foyers, mais aussi les petits commerces et ateliers artisanaux qui dépendent de l’énergie pour faire fonctionner leurs équipements:

« Parfois, nous restons plusieurs heures sans électricité, même pendant les heures de forte activité. Cela dérange nos activités, surtout pour ceux qui travaillent avec des appareils électriques. On perd du temps, de l’argent et de la clientèle », explique un jeune entrepreneur du centre de Tadu.

Cette instabilité énergétique compromet non seulement la qualité de vie, mais aussi le développement économique local. Des secteurs comme la conservation des denrées alimentaires, la soudure ou encore la recharge téléphonique sont directement touchés.

Face à cette situation, les habitants appellent la direction de NURU à revoir sa politique tarifaire en tenant compte du pouvoir d’achat des consommateurs et de la réalité économique de la région. Ils demandent également un renforcement des installations techniques afin de stabiliser la production et la distribution de l’électricité:

« Nous demandons à NURU de revoir ses prix en fonction du taux actuel du dollar et d’améliorer ses équipements techniques. L’électricité n’est pas un luxe, c’est une nécessité », plaide un autre résident.

La société NURU, active dans plusieurs provinces de la RDC, s’est donné pour mission de rendre l’énergie propre et durable accessible aux communautés rurales, notamment grâce à ses mini-réseaux solaires. Dans plusieurs localités, cette initiative a permis de réduire la dépendance aux groupes électrogènes et de stimuler de petites activités économiques.

Cependant, à Tadu, cette promesse d’énergie stable et abordable semble aujourd’hui mise à rude épreuve. La combinaison de tarifs élevés et de coupures fréquentes jette le doute sur la capacité de l’entreprise à maintenir une fourniture régulière et à respecter ses engagements vis-à-vis des usagers. Les habitants espèrent que les responsables de NURU accorderont une oreille attentive à leurs doléances. Ils appellent également les autorités locales et territoriales à jouer un rôle de médiation afin de favoriser un dialogue constructif entre la société et la population.

Selon plusieurs leaders communautaires, une telle concertation pourrait permettre de trouver un terrain d’entente sur la tarification, tout en identifiant les causes réelles des coupures pour y apporter des solutions durables:

« Nous voulons une collaboration, pas une confrontation. Si NURU améliore la qualité de son service et ajuste ses prix, tout le monde en sortira gagnant », conclut un notable de Tadu.

Innocent VUDRI

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